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Interview : Olivier Portal et Playin’ 4 The City

Environ deux ans après son retour sur le devant de la scène et quelques jours avant de le retrouver à la Machine du Moulin Rouge pour un live qui a su se renouveler sans jamais décevoir, nous sommes allés à la rencontre d’Olivier Portal, le producteur et véritable performeur qui se cache derrière le mythique alias de Playin’ 4 The City.

Bonjour Olivier, tu es revenu sur le devant de la scène en 2015 et c’était pour un live au Djoon. Comment c’était ?

Quand j’ai recommencé au Djoon, cela faisait très longtemps que je n’avais pas fait de live avec Playin’. J’ai eu envie de faire une grosse réunion de famille avec beaucoup de chanteurs et de musiciens. C’était vraiment un hommage au Playin’ des années passées, on a voulu refaire le gros bordel qu’on aimait bien. C’était une très belle soirée !

Depuis, tu as fait quelques lives un peu partout en France. Toi qui as toujours affirmé être très exigeant envers toi-même, quel regard portes-tu sur ces deux années ?

J’ai pris un peu de recul, par rapport à mon travail. A l’origine, mes premiers lives, je les ai fait sur Radio Nova, c’était toujours très basé sur l’impro. J’ai longtemps gardé cet esprit-là : souvent, sur scène, les musiciens et les chanteurs ne connaissaient pas vraiment les morceaux. J’ai beaucoup aimé la vibe du premier concert au Djoon. Mais on s’est vite rendu compte que si on ne formait pas un vrai groupe, musicalement, on allait être déçus. On a donc décider de resserrer Playin’, avec Slick Thim : on est deux à faire 50 % du travail.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta rencontre avec Slick Thim ?

Slick, c’est moi qui l’ai contacté, il m’a impressionné en tant que bassiste dans ses vidéos Youtube. Au départ je pensais que c’était un zicos mais j’ai réalisé qu’il travaillait avec beaucoup de mecs dans la house et qu’il avait tout un tas de projets hypers intéressants. On se connait depuis six ans mais on a commencé à jouer ensemble lorsqu’on s’est recroisé dans un studio. C’est lui qui m’a vraiment poussé à refaire du live.

Quelle influence a-t-il eu sur tes lives actuels ?

En tant que producteur, tu es toujours tourné vers le prochain disque, j’avais du mal à m’arrêter sur des morceaux pour me dire qu’ils étaient bons. Avec Slick, on a repris les morceaux qu’on aimait bien et on les a retravaillés. J’ai beaucoup de plaisir à les jouer car je ne les avais jamais joué à l’époque. Le live et la production étaient vraiment deux choses séparées, je ne jouais pas mes disques sur scène. Mes disques c’était personnel et la scène c’était le groupe. Mais au final, c’est ce que les gens aiment chez Playin’, des disques qu’ils connaissent. On est toujours ravi quand on reconnaît un morceau.

En plus des lives, tu as produit un disque intitulé Mighty EP chez Mamies Records. Où en es-tu aujourd’hui niveau production ?

En ce moment je travaille mes lives, je ne suis pas trop dans la production. J’adore les jours qui précèdent un live. J’ai le sentiment de faire quelque chose de bien que je vais pouvoir partager. Quand tu travailles un live, tu sais ce qui a fonctionné ou non. Le fait que les gens viennent te voir, le public, ça te nourrit énormément, ça te donne une nouvelle énergie Tu peux progresser plus facilement que quand tu produis. Quand tu produis c’est plus facile de douter.

Mais dans quelques jours je vais me remettre à la production. J’ai quand même pas mal de morceaux à faire, j’attends le moment où je serai ouvert pour les terminer. Je n’aime pas produire pour produire, il faut qu’il se passe des trucs. Je suis un peu spécial, les choses doivent vraiment mûrir.

Est-ce que c’est pour pouvoir prendre ton temps que tu as quitté Paris il y a quelques années ?

J’ai quitté Paris pour des raisons familiales et puis parce que la musique me saoulait. J’avais l’impression de tourner en rond, j’avais l’impression que j’allais déconner, la scène ne me portait plus. J’ai donc fait le choix de prendre du recul. J’en ai profité pour faire d’autres choses, comme de la production pour image. J’ai refusé pas mal de projets sauf deux disques pour Plastik People parce que je connaissais le gars. C’est grâce à lui que j’ai sorti des trucs.

Cela fait dix ans que j’habite vers Biarritz, j’ai une vie cool. Depuis que j’habite ici je suis très détendu. Le coin est top mais musicalement il ne se passe pas grand-chose.

Quel est ton quotidien ?

J’essaye de rencontrer un maximum de collectif comme la Mamies, comme Canal 113 à Bordeaux, je suis aussi toujours en contact avec mes amis DJ Deep, Gilbert, Loic. Il y a plein de gens avec qui j’ai gardé un contact chaleureux. Il y a toujours Betino bien sûr, c’est comme un frère.

Je n’ai pas encore fait un disque qui compte. Alors je travaille. J’essaye vraiment de faire mieux dans le live et mieux dans les maxi. J’essaye de mixer le vieux et le moderne dans les instruments, je garde un peu d’impro. Je pense que je suis redevenu hybride.

“Un disque qui compte ?” Qu’est-ce que tu entends par là ? D’où te vient cette exigence ?

J’ai eu des parents musiciens, un père dans la musique classique qui s’est mis après au jazz et une mère qui était dans la soul et la black music. J’ai toujours été un peu divisé. J’écoute pas mal de jazz ou de jazz funk, des musiques de haute qualité pour me nourrir l’âme mais j’aime toutes les musiques.

Mon projet ultime ça serait un disque avec toutes les musiques que j’aime, tous les musiciens mais il faut que je trouve une super production… c’est comme tout il faut que ça mature. Mais j’ai un bon feeling, je me sens un peu comme au début de Playin. Je ne peux pas demander mieux que ce que j’ai en ce moment. Je m’éclate quand je vais en soirée, je reste du début à la fin. J’ai l’impression que les gens sont vraiment là pour la musique, ils sont impliqués, il n’y a pas de hype.

A quoi peut-on s’attendre vendredi à la Machine ?

Il n’y a pas de plan établi, c’est comme ça depuis le début, à l’instinct et à l’amour…

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