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Le Macki Music Festival 2018 en musique

Il y a deux semaines, notre équipe se rendait au Macki Music Festival pour sa cinquième édition. Un week-end de fête et bien sûr musical, l’occasion pour nous de vous résumer la programmation du festival et l’ambiance qui y régnait ! 

Samedi 30 juin, le temps est au beau fixe au Macki Music Festival, organisé à Carrières-sur-Seine par Cracki Records et la Mamie’s dans un havre verdoyant et attentivement décoré. En cinq ans à peine, le festival au bord de l’eau est devenu un événement incontournable en Ile-de-France pour les amoureux de musiques chaudes.

Après une Marseillaise entonnée dans la queue avant de rentrer dans le parc et la liesse du match France-Argentine, qui aura mis la musique un peu de côté jusqu’à 18h mais qui aura eu le mérite de créer une belle ambiance, direction la petite scène pour un trio très attendu, A Deep Groove, réunion de trois piliers de la house music en France : Alex from Tokyo, DJ Deep et DJ Gregory. Leur set oscille entre disco, garage et house, avec une sensibilité et une simplicité à travers laquelle on sent leur attachement pour des morceaux incontournables dont ils ont vécu l’histoire et dont l’histoire s’est mêlée à la leur : “I’ll be your friend” de Robert Owens,  “Luv Dancin’ (In Deep Mix)” d’Underground Solution, “Promised Land (Club Mix)” de Joe Smooth, “Over And Over” de Sylvester ou encore le génial Fingers Inc avec “Music Take Me Up”.

 

Pendant ce temps, une météorite psychée s’est écrasée sur la grande scène : il s’agit du collectif barré Golden Dawn Arkestra. Débarquée d’Austin, cette bande de musiciens aux costumes bariolés se revendique comme les enfants de Sun Ra et prodigue, entre masques ancestraux, plumes et symboles peints sur le visage, un mélange psyché d’afrobeat, de funk et d’électro, planant et électrisant. Un voyage audacieux, aussi bien musical que visuel.

Pour finir la journée en beauté, Antal, le boss incontesté du Macki, qui revient année après année pour notre plus grand bonheur, s’empare de la scène sur laquelle il a l’air d’être véritablement chez lui. Celui qui connait ses tracks par coeur enchaîne sorties phares des dernières années (“Je Vulesse” de Nu Guinea », “Honey Lemongina” de Palm Trax), pépites afro et zouk et ses classiques préférés comme “Acenda O Farol” du brésilien Tim Maia, qu’il joue sur cette scène pour la troisième année consécutive. Un closing démentiel pour ce premier jour que l’on termine des étoiles plein les yeux et qui ravit tous les festivaliers qui s’acheminent vers la gare de Carrière-sur-Seine en chantant les morceaux glanés au cours de la journée.

Le dimanche 1er juillet commence sur les chapeaux de roues avec la fougue du trio Kamaal Williams, mené par le génial Henry Wu, qui ne cesse de se réincarner au fil de projet tous plus réussis les uns que les autres. Accompagné d’un batteur et un bassiste talentueux, il mène la danse sur la grande scène, radieux, ravi d’être là, en enchaînant les envolées lyriques et rythmiques d’un jazz électrique et acide, nourri au breakbeat et à l’étude appliquée des solos d’Herbie Hancock dont il a le secret. Un moment de partage, puissant et fluide.

 

Ils laissent la place au jeune prodige HDBeenDope, une vingtaine d’années à peine et déjà une valeur sûre de la scène hip-hop de New York. Biberonné aux classiques fondateurs du genre mais aussi à un certain Kendrick Lamar, il poursuit leur sillage avec des hymnes comme “Fake The Funk” ou “Put It On”. Regard affuté et réelle présence, on reconnait déjà en lui les qualités d’un artiste à surveiller.

Pendant ce temps sur la petite scène, Josey Rebelle est comme à son habitude en pleine maîtrise, en pleine puissance, avec une sélection house et acid énervée, entêtante comme le “Jack Dat Wabbit” du mystérieux Bogdan Drazic ou “Apaches” de son compatriote Steven Julien. Après quelques minutes pour se mettre dans le bain et prendre la mesure de la sélection de la DJ londonienne, le public se laisse emporter et l’excitation monte d’un cran.

Impossible de résister à ce qui suit sur la grande scène : le groupe Cotonete prend place pour une heure et demie d’un jazz-funk tout droit sorti des 70’s ! Fraîchement ajouté au roster de Verveine Production, on félicite une fois de plus la Mamie’s pour son intuition artistique. Chaleureux et groovy, les musiciens embarquent le festival dans la danse, accompagnés par la légende brésilienne Di Melo. C’est à lui que l’on doit un merveilleux album éponyme sorti en 1975 que les diggers du monde entier s’arrachent aujourd’hui. Samba-soleil, le cocktail idéal.

© Mathieu Foucher – Cotonete

Ceephax Acid Crew prend ensuite le contrôle d’une grande scène en liesse. Quelle surprise de voir autant de monde danser, mouvements saccadés et sourire aux lèvres, devant les machines d’Andy Jekinson ! Sonorités 8-bit cheap, ambiance drum’n’bass, incursions dans la rave et le gabber, il s’amuse au cours d’un set acid parfois désuet mais extrêmement efficace, qu’il commente, micro en main, en connexion avec le public qui saute dans tous les sens quand retentit la fameuse “Legend Of Phaxalot”.

Sur la petite scène depuis 20 heures, Danilo aka MCDE délivre un set disco-funk irréprochable et irrésistible : on a beau l’avoir vu jouer de nombreuses fois cette année, c’est toujours un bonheur de se plonger dans sa sélection si soulful, si habitée : entre ses morceaux fétiches (“Dancing” de Mary Gold, “I Love Music” des O’Jays remixé par Joey Negro), il s’aventure sur des rivages acid et new age qui lui sont moins familiers (“Taxi Music” de Cabaret Voltaire, “The Skipper” de Syclops) pour terminer par une série des classiques disco qu’on aime tant, comme “I Want To Thank You” d’Alicia Myers, enchaînant les bombes et traversant les styles avec une facilité déconcertante.

Danilo file sur la scène principale (et nous avec) pour le closing du festival par les équipes Cracki et Mamie’s, qui balancent une sélection variée et euphorique, en se mettant au diapason des artistes précédents qui auront tous pris à un moment ou à un autre un virage acid house dans leur set, surement inspirés par la surprise de la programmation de cette année, Ceephax Acid Crew. A l’image du tube “Get Get Down” de Paul Johnson, le Macki semble bien parti pour devenir un classique et continuer à soulever les corps et les coeurs année après année dans son joli coin de verdure de Carrières-sur-Seine.

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