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Hong Kong by night, le nouveau terrain de jeu des promoteurs français

Forts des échanges culturels actuels, les acteurs de la scène musicale électronique de l’hexagone exportent le savoir-faire français au-delà des frontières. Dans le viseur, le continent asiatique en plein bouleversement des modes de vie.

La scène électronique française, longtemps décriée, fait aujourd’hui largement partie de l’identité culturelle hexagonale. Dès la fin des années 1980, Paris devient une ville phare de la musique électronique soutenue par des radios pionnières telles que Nova ou Maxximum.

Suite au creux des années 2000 et au-delà des artistes reconnus par l’industrie américaine, les initiatives d’acteurs moins médiatisés se multiplient et s’exportent, valorisant l’image d’un savoir-faire français. En attestent les récents événements de collectifs et labels tels que La Mamie’s, Roche Musique ou encore Cliché Records en direction de l’Asie, à l’initiative de nombreuses soirées autour de DJ français et internationaux. L’agence FuFu Creative basée à Hong Kong organise la venue de grands artistes tant asiatiques que français, tels Jus Ed, Pablo Valentino, Soichi Terada et d’autres. “Le fait que je sois un artiste français est très bien vu à Hong Kong, la culture française même autre que musicale s’exporte très bien”, nous confie Batiste Poulin, DJ et communicant pour l’agence FuFu Creatives.

Jacques lors de sa prestation au Shi Fu Miz Festival sur l’île de Lantau. Photo crédit: SHI FU MIZ

Gage de confiance et de professionnalisme, la scène musicale française est reconnue par delà les frontières et bénéficie du soutien des acteurs publics hexagonaux tel que le Consulat Français de Chine. Les trois éditions du French Miracle Tour en sont une concrétisation de plus, avec 25 concerts dans 16 villes asiatiques. À l’initiative de l’éditeur musical rennais, I Love Creatives Music, ce projet a été largement soutenu par les Instituts Français de Paris, Pékin, Séoul, Hong Kong et Singapour.

Club Volar, Hong Kong

Des ambitions qui trouvent écho au sein de mégalopoles asiatiques présentant une forte moyennisation sociale propice à l’émergence d’une société du plaisir et du divertissement. L’Asie comptait en 2009, 525 millions d’individus issus de la classe moyenne et qui représentera, en 2030, 66 % de la classe moyenne mondiale (Observateur OCDE, 2009). De nombreux asiatiques ont réussi à grimper l’échelle sociale grâce à un accès accru à l’éducation mais aussi à de longues heures de travail. Une part de marché grandissante qui sonne comme une opportunité rêvée pour les promoteurs et artistes français et occidentaux. Pourtant les initiatives locales sont encore timides, “les hongkongais arrivent à faire des petits événements avec des systèmes son limités dans des bâtiments industriels mais doivent faire face à des contraintes importantes“, nous apprend Batiste Poulin. L’inflation des prix immobiliers constitue encore un défi majeur, représentant 35% des dépenses des ménages à Hong Kong. Les pouvoirs publics asiatiques sont aussi très restrictifs face à l’industrie de la fête. “Depuis l’Ultra Music festival en juin 2017, un des plus gros festival d’EDM [electronic dance music] et la mort de deux jeunes par overdose, cela a déclenché une sorte de guerre avec la police hongkongaise“, nous apprend l’artiste expatrié. Des instances qui n’hésitent pas à multiplier les saisies abusives et interdictions, faisant de la création d‘événement une entreprise ardue.

Néanmoins, l’espoir demeure au regard de l’émergence d’initiatives en nombre conséquent dans d’autres villes d’Asie. Le Japon fait figure de pionnier, longtemps resté l’unique pays asiatique vivant aux rythmes des musiques électroniques. Hôte de grands rendez-vous des mélomanes nippons, on y trouve les fameux festivals Rainbow Disco Club, Labyrinth ou encore le Rural. Les acteurs de la scène nippone doivent néanmoins faire face à des contraintes de taille, la première étant le vieillissement de la population. Aujourd’hui le monopole tokyoïte est en déclin face au rattrapage de villes tels que Taipei ou encore Séoul dont l’évolution des mœurs favorise l’apparition de nombreux projets portés par des promoteurs locaux. Alors que l’Asie apparaît comme un eldorado pour les artistes et collectifs de l’hexagone, les promoteurs locaux ont définitivement décidé de reprendre la main au vue du nombre toujours plus importants d’événements éclosant chaque mois. 

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