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Nature, hédonisme et techno : quatre jours au Monticule Festival

Notre rédactrice Fanny a passé le week-end dans le Lot, au Monticule Festival. Une expérience unique pendant le solstice d’été, qu’elle nous raconte jour par jour (et en musique à la fin de l’article).

  • Mercredi 20 juin

Le Monticule Festival tout droit venu d’Allemagne lançait sa quatrième édition. Comme les années précédentes, le rendez-vous est donné dans le domaine de Gayfié en pleine nature loin de Paris, dans le magnifique département du Lot. En arrivant au camping, on s’imprègne déjà du cadre, les festivaliers montent leurs tentes sous les arbres et installent leurs hamacs. Il est temps de rejoindre le festival qui se trouve à quelques mètres. Le domaine de Gayfié est une ancienne ferme avec plusieurs bâtiments dont la grange qui sert de scène intérieure, la villa ou encore la bergerie, et de grandes étendues vertes où sont installées les deux autres scènes : la principale et la “pool stage” à quelques mètres de la piscine en accès libre aux festivaliers. Les premiers danseurs sont déjà là et la nuit tombe doucement tandis que Die Wild Jagd, le duo de Düsseldorf, commence son live aux accents psyché infusés de krautrock. A la fin du concert et après une petite pause dîner, nous retournons devant à la piscine pour Henry Gilles. Le Munichois fera danser les fêtards jusqu’à 2 heures du matin sur des classiques à la Vega Records avant que tout le monde aille se coucher (ou continue l’apéro) pour reprendre les hostilités le lendemain.

  • Jeudi 21 juin

11h du matin. C’est l’été et l’heure du takeover de Malka Tuti sur la même scène que le jour précédent. En milieu d’après-midi, on décide de faire notre premier plongeon dans la piscine pendant que le DJ joue “Avèou Doudou” de Jean-Claude Naimro, un des membres du célèbre groupe antillais Kassav. Les sonorités afro continuent de plus belle, et s’enchaînent avec de la disco à la basse hypnotique. Mais il est temps de retourner au campement pour se changer et chiller un peu près du bar où sont installés d’immenses tapis couverts de coussins et des bacs remplis de jeux de sociétés. Tout au Monticule est fait pour que l’on s’y sente bien. En retournant au festival, la scène principale est ouverte et on s’y précipite en entendant ”Undicidisco” d’Alexander Robotnick édité par Justin Vandervolgen. La soirée commence bien ! Le moment tant attendu arrive, la lyonnaise Oko Dj se met en place et nous offre un set entre techno, electro et trance pour finir sur un morceau mémorable de progressive house où tout le monde saute, crie, danse et en redemande…

Lena Willikens au Monticule Festival 2018 © Rubens Ben

Ça tombe bien car la soirée ne fait que débuter. Direction la grange, aménagée en club, pour voir Psaum, le talentueux DJ des Chineurs de Techno, qui a presque mis le feu à la vieille bâtisse, sauvée par les nombreux ventilateurs accrochés aux murs pour la plus grande joie des danseurs endiablés. On alterne avec Lena Willikens qui joue sur la grande scène extérieure où on aperçoit les festivaliers se dandiner dans la fumée des énormes machines à brouillard. Puis on retourne encore dans la grange où l’ambiance est au next level, Les Fils de Jacob ont été invités par Psaum pour la première fois au Monticule. Les membres du Positive Education envoient EBM, techno, noise et le dancefloor devient de plus en plus sauvage et nous sortons épuisés d’avoir trop dansé… On décide alors de se rendre à la piscine pour participer à la pyjama party organisée par AG Pappenheim. Au programme : des sacs de couchage, des coussins, des tapis et de la musique psychée pour reposer ses jambes avant de rejoindre les tentes et dormir quelques heures.

  • Vendredi 22 juin

Le vendredi après-midi, on décide de se promener et de descendre faire quelques courses dans le petit village de Cajarc. On croise d’autres festivaliers qui se rendent vers le gouffre à l’eau turquoise en contre-bas du Monticule. L’événement n’est pas qu’un festival de musique, ce sont de véritables vacances dans la nature et tout le monde en profite pour faire un peu de tourisme. Ce cadre idyllique et cette programmation pointue donne au Monticule cette saveur si particulière, tout le monde est ami avec tout le monde, respectueux de l’autre et de la nature qui l’entoure. On trie ses déchets, on ne jette pas ses mégots à terre et le lieu reste toujours propre. Les structures en bois DIY ne sont pas dégradées et l’on peut profiter de la balançoire ou du toboggan qui mène droit dans la piscine pour se rafraîchir à toute heure sans être serrés comme des sardines. Et si vous ne savez pas nager, vous pouvez toujours participer aux cours de yoga, de peinture ou apprendre à construire votre propre attrape-rêve. Pour les moins manuels, il reste l’option coupe de champagne près du coucher de soleil, avec une vue imprenable sur la vallée.

La commune de Cajarc © Rubens Ben

  • Samedi 23 juin

Il fait toujours aussi beau, les festivaliers font trempette ou se déhanchent au son des DJs de Public Possession, label et disquaire munichois. Les plus sportifs font du skate sur la rampe installée un peu plus loin. Ce soir, c’est déjà la dernière nuit de festival et pour ouvrir le bal, Asaf Samuel et Katzele, les têtes pensantes du label israélien Malka Tuti – un des invités d’honneur du Monticule 2018 – jouent sur la grande scène jusqu’à 23h. On profite de la musique, allongés dans l’herbe sous la grande structure en fer qui commence à s’illuminer dès que le soleil se couche. Après une pause apéro au camping,  c’est reparti, tout le monde vient voir John Talabot, une des têtes d’affiche de cette édition. A la fin de son set, achevé par un morceau de reggae, les courageux se dirigent vers la grange et ceux qui ne dorment jamais enchaînent jusqu’au petit matin.

  • Dimanche 24 juin

La fatigue ne se fait pas sentir tant on se sent bien au Monticule. Nos jambes continuent de danser devant le grand Gilb’r, boss du label Versatile. Son set est éclectique, house, techno, disco et on reconnaît quelques unes de ses productions, idéales pour ces dernières heures de danse. Il laisse place ensuite aux Zenker Brothers, les fondateurs de l’épique Ilian Tape, label zéro défaut. Malheureusement, on ne peut pas trop tarder, juste le temps d’entendre “Pericolo” de Paolo, sorti sur le various Nation House Italie de La Chinerie (big up les amis) et de boire une dernière bière. Il faut dire au revoir au domaine et nous partons démonter notre tente en entendant résonner au loin Pino Dangio. “Ma Quale Idea” ce festival…

  • La playlist du Monticule Festival 2018

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