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Premiere : Groove Boys Project – 4 Fingers (Groove Boys Project Record)

Après la réussite de leur campagne Kiss Kiss Bank Bank lancée en octobre dernier, les Groove Boys Project sortent leur premier EP Luv Is Ur Luv sur leur propre label !

Pour ce release, Alexandre Valard aka Boyzi et Lucas Moinet aka Projecture ont opté pour une production traditionnelle, sans instrument logiciel mais uniquement avec de l’auto-sampling de leurs instruments ou du sampling de disques tirés de leurs propres collections.

Le duo nous offre donc un EP orienté house old school, où chaque track possède son propre univers : alors que “Luv Is Ur Luv” sonne deep et acid, “Tribute To Master At Work” est plutôt jazz house.

“4 Fingers”, que nous vous présentons aujourd’hui en avant-première, est quant à lui taillé pour le dancefloor. Eloignez les enfants, laissez-vous bercer par les murmures lascifs (et NSFW) du vocal avant de vous lâcher sur le beat garage et son piano survolté bien old school.

Avant de retrouver les Groove Boys Project en première partie de notre Japan Connection II, le 7 février au Trabendo, découvrez leur titre “4 Fingers” en exclu et leurs réponses à nos questions sur Make It Deep :

Pourquoi avoir lancé votre propre label ?

Lucas : On commençait à produire beaucoup avec Alex et le format vinyl nous a forcément fait rêver… On est tous les deux des grands passionnés de disques vinyl et imaginer nos morceaux on wax ça nous a motivé! On avait des sorties de prévu sur des labels amis (Escaped Records, House Monkey Records, La Menace Records) mais ces projets mettaient énormément de temps à voir le jour. Il se passait des mois et des mois entre la composition et les discutions sur les releases et nous avions envie de monter notre propre label, pour s’auto-produire. Le rêve c’était de faire des séries de disques Groove Boys Project sur notre propre label, et de faire tout nous-même, jusqu’au dessin du macaron. On en profite pour remercier tous ceux qui nous encouragent et nous soutiennent pour ce projet.

Alex : La création du label était tout simplement la plus belle concrétisation de notre duo Groove Boys. Malgré notre manque d’expérience, on a avancé pas à pas et on a fini par voir ce projet se concrétiser. Au final, même si le label est fait-maison et indépendant, nous sommes allé plus vite que nos autres sorties prévues et le disque Luv Is Ur Luv EP arrive dans un mois…! Avant de sortir le premier 33t on a voulu lancer des ep en digital et on en a sorti deux cet hiver, et quelques morceaux avec Rawaï (House Monkey Records).

Votre EP Luv Is Ur Luv est orienté house old school. Quels sont les artistes de ce courant qui vous inspirent le plus ?

A : Le premier disque que j’ai eu dans ma vie m’a été offert par mon père ; Kerri Chandler – Trionsphere LP sur King Street, rien que ça! Ça a ouvert la voix, depuis je suis un grand fan de Kerri pour son savoir faire de la house classic. On peut citer Moodymann aussi pour son esprit mélancolique dans la house, parfois funky ou fusion dans d’autres disques… respect & admiration ! Beaucoup d’autres artistes ou labels m’inspirent comme King Street, Intangible Records, Groovin, Ibadan, Underground Resistance, Nite Grooves, Nervous… Il y’a des producteurs spécifiques qui m’ont marqué pour leur signature comme Terrence Parker, Romanthony, Chez Damier…

L : Pour ce qui est de la house, mon coeur penche pour la House traditionnelle de New York ou New Jersey, soulful, teintée de jazz ou de disco. Les artistes qui nous influencent le plus sont Master At Work bien sûr, avec l’aspect très instrumental de leurs productions, mais aussi des producteurs comme Glenn Underground, Ron Trent ou Kerri pour citer les plus grands. De manière générale, ce sont plus des labels que je retiens et certains d’entre eux sont spécialisés dans cette house plus deep que deep ; West End, King Street, Sound Signature, Nite Life Collection, Underground Quality… et beaucoup de disques que j’adore viennent de New York à cette époque, et on été produits par des artistes moins connus dont je ne connais ni le nom ni le visage.

Il y a également des labels d’aujourd’hui qui produisent du old school et on est fans : la hardcore deep house de My Love Is Underground ou les sonorités classic 90’s sur MadHouse, Large, Plastik People…
On est tellement admiratifs de ces grands de la deep house qu’on a décidé de mettre en B2 de chacune de nos releases un “Tribute To…” en hommage aux producteurs qui nous inspirent. Sur le 001, c’est notre morceau “Tribute To Master At Work” qui rappelle les ambiances jazzy de leurs releases sous Nuyorican Soul. “To Be In Love” est probablement le plus bel hymne de Groove Boys Project, ca nous ressemble, c’est groovy a souhait… on s’en lasse pas !

Un de mes meilleurs disques de Kerri, Better Late Than Never… toujours avec moi pour un set en club.

Love Love Love, Un de mes disques préférés avec le célèbre sample de Jean-Luc Ponty. La beauté absolue.

D’ailleurs, le 1er morceau de la face B, que l’on présente ici en première, s’intitule « 4 Fingers ». Est-ce que le titre fait référence à « Heavy Fingers » d’Eddie Perez, où le piano est également très présent, ou à Mr. Fingers ?

L : On est des grands admirateurs de Mr Fingers, ca c’est sur ! Quand j’ai commencé ma première émission de radio, sur Squaresound, Je l’ai appelé “Can You Feel It” en hommage à ce morceau qui reste pour moi un des plus grands morceaux de House de tous les temps. Cependant ce n’est pas pour ça qu’on a choisi le titre de notre track “4 Fingers”. C’est un écho aux paroles de la vocale… si on peut appeler ça une vocale haha. Je vous laisse écouter les paroles tendentieuses que l’on entend entre deux gémissements.. “Give me one, give me two, give me three fingers, give me four..”

A : No comment hahaha. Par contre on aime beaucoup la house jouée au piano. Je pense qu’on aime faire référence à des morceaux de house jouée au piano. Je pense qu’on aime faire référence à des morceaux de house quasi primitifs, en les mettant dans des morceaux de garage, rappelant la plus belle époque de la house music.

Pourquoi cette volonté de produire vos morceaux avec de vrais instruments ?

A : Nous avons tous les deux un passé avec des instruments avant la création de Groove Boys Project. La guitare très jeune, la basse, puis le piano.. et forcément les synthés.. et du coup un jour les boîtes à rythmes.. Ça nous a donné envie d’acheter de plus en plus de matériel vintage qu’on a entendu dans 1000 disques qu’on adore. Aujourd’hui on apprécie particulièrement revenir à la base, en utilisant beaucoup nos instruments comme le Fender Rhodes ou de vieilles boîte à rythme et séquenceurs.

L : Déjà, dans les références musicales que j’ai, tout est joué. Tous les styles de musique qu’on apprécie sont joués et tous ces artistes qu’on admire sont musiciens. Dans le jazz, la soul, la disco et même ce versant de la musique électronique qui nous plait, ce sont des instrumentistes qui jouent et on a vraiment cultivé cet amour de l’instrument. En allant écouter des concerts et des live autant que possible, j’ai été sensible aux vertus de la musique jouée par rapport à la musique assistée par ordinateur. Et comme nous étions tous les deux musiciens avant d’être DJs / producteurs, ca nous a semblé normal de proposer de la house très instrumentale dans le sens jouée avec nos instruments, sans instrument logiciel ni sample digital. Et par ailleurs ca nous fait pas marrer de composer avec une souris et un écran. Les seuls samples de nos productions sont des acapellas sur des vinyls que nous samplons dans la MPC. Pendant nos lives, ce qui n’est pas joué en direct (on a que 4 bras) relève de l’auto-sampling : ce sont uniquement nos instruments, joués en studio.

Vous avez samplé des vinyles de vos collections personnelles. Comment les avez-vous sélectionnés ?

L : On utilise du coup assez peu le sampling dans nos productions, on produit rarement comme on produit des edits. Mais quand on sample un disque, ça peut être un acapella trouvé sur la face B d’un vieux disque de disco, ou un rif de conga sur un vinyl percussif. Parfois on peut tomber sur un morceau d’un disque de house où il n’y a pas de boîte à rythme, une invitation au sampling, et on se dit qu’on pourrait en faire quelque chose. Comment on les sélectionne? C’est rare que nous piochons dans un disque de notre collection pour le sampler. Souvent, au moment de l’acheter dans un disquaire on sait qu’il sera pour le sampling et on le range dans un bac spécial “à sampler”.

A : Quand on sample un disque de notre collection c’est vraiment au coup de coeur. On sait que c’est le bon car il a quelque chose de spécial, car il nous inspire. On recherche des acapella sur des disques jusque dans les brocantes et ce digging pour le sampling est très important dans notre recherche de nouvelles inspirations.

Pour finir, qu’est-ce qu’on peut attendre de l’année 2018 de Groove Boys Project ?

A : Pour le moment nous attendons les test pressing du GBP001, et 2018 sera évidement marquée par nos premières sorties vinyles. Nous espérons sortir cette année le 001 et le 002, et nous avons d’autres releases de prévu sur les labels La Menace Records et sur Escaped Records. Grâce à notre agence – le 4e mur – nous avons de très belles dates a venir, surtout en live, en commençant par la Japan Connection le mois prochain. C’est un honneur de jouer avant un de nos artistes préférés, j’ai un disque se Soichi encadré dans ma chambre depuis longtemps!
Également nous avons la chance d’être résident pour le Sarcus Festival aux côtés de Malouane, N.stal et Mad Pablo… et de très belles choses sont à l’horizon avec Sarcus. Pour finir, cette année nous organisons notre première soirée Groove Boys Project en club a l’occasion de notre release party… on peut pas en dire plus pour le moment mais ça va faire très mal, on invite des djs qu’on admire pour leur selecta en or… On a hâte de voir tous ces projets voir le jour.

L : Pleins de belles choses pour 2018, comme l’a dit Alex nous attendons impatiemment nos premières sorties. Nous avons également pris une bonne résolution ; nous allons passer du bedroom studio au studio d’enregistrement, et tout le confort de production qui va avec. On est très excités a l’idée de réunir tous nos instruments dans un seul studio dans quelques mois. Sinon de belles dates nous attendent, on l’espère de belles rencontres encore, et des collaborations en studio avec la très bonne chanteuse de jazz Ava Baya ou encore le duo Robby & Stupid Flash. Une belle année également avec nos collectifs House Monkey Family, Increase The Groove, La Menace et Soundmotion. Côté vinyl nous achetons beaucoup de disques en ce moment, et renouvelons sans cesse notre collection de vieux disques disco, boogie, house & garage… Notre discothèque a pris un autre tournant cette année et risque de s’enrichir encore en 2018. Le mois prochain nous organisons un takeover 100% musique brésilienne au Mellotron, avec de beaux invités. Mais on attend évidemment la release party avec impatience! Stay tuned comme disent les jeunes.

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