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Mystic Jungle ou l’héritage de l’italo-disco

Les dernières années ont sans aucun doute été des années marquantes pour la scène musicale underground italienne. Depuis la naissance de la musique électronique, les productions foisonnent en Italie. Avec l’Italo-Disco, le pays a été le précurseur d’une des premières formes de musique populaire purement électronique.

Early Sounds Recordings et Periodica Records sont deux labels qui prennent grand soin de la postérité. C’est pourquoi j’ai décidé d’aller poser quelques questions à un de ses fondateurs, Dario Di Pace aka Mystic Jungle. Les deux labels se sont imposés comme des monuments de la micro-scène napolitaine, chaque release est un nouveau bijou à ajouter à votre collection. Le dernier projet de Mystic Jungle est un album solo, “Night of Cheetah” qui sortira en mars 2018 sur Periodica. Onze morceaux de funk-boogie-disco minimaliste qui revisitent le synthé yamaha DX21, connu pour ses effets sonores industriels et ses sons métalliques. Le disque est déjà disponible en précommande chez vos disquaires habituels, en attendant vous pouvez écouter les extraits disponibles sur le soundcloud du label :

Pour mieux connaître Mystic Jungle et son univers napolitain, il y avait quelques questions intéressantes à lui poser. Voici donc le petit questions/réponses auquel il s’est adonné :

Pourquoi as-tu décidé de créer Periodica à la suite d’Early Sounds? Tu trouves ça difficile de gérer deux labels à la fois?

Quand j’ai décidé de créer Periodica, c’était une branche initialement pour mieux promouvoir des artistes émergents ou des projets qu’on avait en parallèle sur des formats alternatifs comme des cassettes audios ou des CDs, puis finalement des vinyles. Depuis l’année dernière j’ai décidé de me concentrer uniquement sur Periodica et j’ai un peu laissé Early Sounds de côté (mais le label a bien grandi depuis). C’était un choix difficile mais j’avais d’une nouvelle stimulation, et puis je voulais renforcer les connexions locales sans perdre d’énergie. “Plenilunio” (PRD1005) a été le premier disque né de ce nouveau virage.

C’est sûrement une question difficile, mais quels labels représentent ta définition de la house ?

D.J. International Records, Alleviated Music, Persona Records… Probablement tous les labels connectés et en rapport avec les figures clefs de la house dans la seconde partie des années 80. Je parle du moment où, de façon plus où moins consciente, un nouveau genre est né grâce à l’héritage de la disco.

Comment tu t’es mis à la production musicale? Qu’est-ce qui t’a attiré là dedans?

J’avais d’abord une éducation artistique mais pas musicale. La première approche a été purement ludique, rien que je ne pouvais prendre au sérieux. En 2008 un PC et Cubase (logiciel de séquenceurs) suffisaient à produire de la musique, le niveau d’acceptabilité du marché était très bas et vous pouviez sortir de la musique sans trop de difficultés. Les choses ont changé quand j’ai décidé que la musique électronique représenterait mon intérêt principal et mon métier, ça a impliqué un processus plus intense dans l’étude musicale qui m’a conduit à entreprendre un chemin de maturation. Ce chemin n’est pas terminé, tout ce qui a été fait jusqu’à présent sera toujours amélioré.

L’Italie brille en ce moment, on y entend beaucoup de chouette musique électronique. Et puis on a beaucoup entendu parler de micro-scènes comme Turin ou Naples par exemple. Ma question est la suivante: penses-tu qu’il y a une postérité des premières productions électroniques italiennes aujourd’hui? Est-ce reflété sur les productions actuelles?

Il y a un lien profond avec une scène qui détermine inévitablement une certaine esthétique de nos jours. Parler de continuité, cependant, peut être dangereux et prétentieux. Les époques ont toutes été différentes, il y avait un ferment différent et culturellement ces époques étaient beaucoup plus riches et plus visionnaires.

Quant à nous, quand nous sommes en studio, l’intention est de créer quelque chose qui ramène 30 ans en arrière – ce n’est pas un processus d’émulation mais simplement d’imagination. Cela affecte évidemment l’utilisation de certains instruments, le mixing l’arrangement, le style et l’expérimentation et ça exclut un certains nombres de choses que nous pourrions considérer comme trop modernes à notre goût.

Y a-t-il une chanson, un album, ou même un artiste qui a changé ta vie?

Pas dans mon cas. Un disque ne peut pas changer votre vie, tout au plus il peut être une source d’inspiration.

Si tu pouvais signer (ou même produire) un morceau légendaire ce serait lequel?

J’y ai réfléchi pendant une demi-heure, mais franchement … Ce serait comme rêver de la femme de quelqu’un d’autre.

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