REPORT : On a pris le Macki

A l’unisson des Mackisards !

S’échapper pour rejoindre la résistance. Pour le vieux roublard de la teuf qui sommeille en nous, rien que le nom Macki sonnait déjà comme une promesse. Et il faut dire que si Paris est beau sous le soleil de juillet, le petit bourg de Carrière sur Seine n’a rien à lui envier, surtout lorsqu’il accueille les trublions de la Mamie’s et de Cracki. En observant la file d’attente devant les navettes, on sentait déjà la ferveur de l’engagement dans le regard de la petite armée d’irréductibles fêtards. Pour eux, les quelques stations de rer A n’étaient que de simples avants-postes, aisément franchis la bière à la main et les paillettes sous les yeux. Après nous être faufilés jusqu’au quai de Seine, là où siégeaient les premières cantines de burgers et de pizzas venues ravitailler les soldats entre deux pas de danse, l’entrée de la clairière nous tendait les bras. Et c’est au rythme de “House Music Will Never Die” de Glenn Underground que San Proper nous met tout de suite dans la bataille. A mesure que son set avance, le soleil pointe définitivement le bout de son nez et les pépites Disco du Hollandais nous donne des forces pour ce qui arrive ensuite : le B2B des lieutenants Antal et Hunee.

© Emilie Pria - Hunee lors de son B2B avec Antal

© Emilie Pria – Hunee lors de son B2B avec Antal

Avec le fameux « Keep The Fire Burning » de Gwen Mcrae, on a bien senti que les bonhommes voulaient garder les troupes dans l’ambiance des tranchées, sous le feu d’un funk suintant bon les 60’s. Autant vous dire qu’on a dû s’accrocher, les mecs ont fièrement rappelé que depuis 20 ans ils font parti de ceux qui défendent le bastion du bon goût musical comme on défend sa dernière clope à 6h du matin en club. Et niveau club, ils s’y connaissent puisque le passage du « Mad Lead » de P-S-F, tout autant que le « Spies Are Watching Me » de Voilaa, ont tout simplement mis tout le monde d’accord. On les quittera alors qu’ils embrayaient sur un passage spécial guérilleros brésiliens avec « Acenda o Farol » de Tim Maia qui finira de mettre le public littéralement « On Fire » ! Changement de scène mais pas d’ambiance : la rappeuse Nadia Rose, activiste d’une grime survitaminée, est en train de retourner le public. Le flow mitraillette de la jeune artiste a été l’un des moments forts du festival. Rien que son final sur le déjanté « Crank It » (qui n’est pas sans rappelé le « 212 » d’Azealia Banks) nous aurait presque poussé à nous lancer en mode twerk ! Et c’est justement après les rafales de la londonienne qu’il nous a fallu prendre le repos du guerrier.

© Emilie Pria - Nadia Rose, survitaminée

© Emilie Pria – Nadia Rose, survitaminée

Pour cela, quoi de mieux que le centre officiel anti-PTSD du festival, aussi appelé Camion Bazar. Attention, ici, on ramène les gens à la raison à grand coup de Skip Mahonney. Plus mercenaires que soldats de Sandhurst, les gaillards ont une nouvelle fois démontré tout au long du weekend qu’ils étaient rompus à l’exercice du potard et du maniement de la wax. Malgré une légère coupure son, symbole des problèmes de télécommunication sur le champ de bataille, le public n’a pas désemplit du weekend. Il n’y a qu’à voir la réaction des aficionados lorsque la troupe balance « Born Slippy » d’Underworld : sourires aux lèvres et cris de joie, tous les bras en l’air se sont même mêlés quelques instants aux branches des arbres abritant la la camionnette musicale la plus célèbre de France. A la suite de cette virée salutaire dans les rues d’Edimbourg, c’est Soichi Terada qui terminera d’achever les derniers survivants. Le nippon livrera le genre de house délicatement teintée d’électronica, façon balade champêtre au milieu d’une bande de Kodamas. Les esprits de la forêt nous auront sagement accompagné jusqu’à la station rer. Merci à eux, car le lendemain s’annonçait tout aussi épique.

© Emilie Pria

© Emilie Pria

De retour le dimanche sur l’herbe de la carrière, on s’est laissé tranquillement porter par la Nu-Disco gorgée de soleil de Folamour. Une fois avoir tenté en vain de sauver une tireuse tombée au champ d’honneur, on est retourné au front. Surtout que l’artilleur Mall Grab avait pris position sur la petite scène et qu’on nous aurait taxé de déserteur si nous n’avions pas aidé à grossir les rangs face aux ogives de l’australien. Des rangs qui comptaient aussi leur lot d’espions, un grand classique en temps de guerre. Et non monsieur le festivalier, porter un masque de François Hollande ne trompe personne, PERSONNE, même si ça fait un peu peur on doit bien l’avouer ! Une fois les sueurs froides évacuées et le groove du « Turn Around » de Phats and Small passé, nous sommes retournés nous réfugier sur la scène du Camion Bazar pour nous remettre de nos émotions. Et là, bonne pioche : Romain Play vient de reprendre le contrôle pour balancer son arme secrète : « The Finishing » de Stavroz, tout en y ajoutant des percussions toujours aussi bien senties. De retour sur la seconde scène, c’est un autre homme masqué qui nous a fait peur, car il faut le reconnaître, Mézigue en chasuble d’ouvrier jaune fluo face au public du Macki, ça annonce clairement la couleur : c’est un peu comme un panzer forçant le portail d’une garderie ! C’est drôle, certes, mais ça surprend ! Parce que la dentelle, ce n’est pas toujours son lot, notamment lorsqu’il passe « Du Son Pour Les Gars Sûrs » pitché à toute blinde ! Attention, on ne s’en plaint pas, bien au contraire, mais on a croisé plus d’un regard interloqué. Mais c’est en toute décontraction qu’il redescendra rapidement à un 130 bpm de croisière, tout en accompagnant le couché du soleil d’une pointe d’acide. Propre ! Et si le patron de D.Ko a poussé les potards dans le rouge, ce n’était que pour mieux nous préparer au set du Général Renart.

Le canidé a surplombé la chaîne alimentaire sonore, livrant une techno qui cinq jours après justifie encore l’état désastreux de certains membres de l’équipe, estropiés par les mines disséminées durant une heure et demie sous nos pieds déjà endoloris. Mais il nous restait encore un peu de force pour tenir jusqu’au final. Et quel final ! Les organisateurs de cette joyeuse guerre ont, comme le veut la tradition, clôturé le champ de bataille avec un B2B2B2B taille XXL. Entre pépites disco et house old school, les bonhommes ont sorti le mortier pour raser les troupes restantes, complètement acquises à leur cause, cela va sans dire ! Et lorsque le Maire de Carrière-sur-Seine prend le micro pour annoncer 15 minutes de rab après minuit, tout le monde en reprend, avec le sourire !

© Emilie Pria

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